E1. Signes d'humeur dépressive, anxieuse ou triste


SECTION E Humeur et Comportement, Question 1
InterRAI LTCF Belgique

Objectifs :

Déterminer la présence et la fréquence des indicateurs les 3 derniers jours ou observés précédemment, indépendamment de l’origine supposée. Dans certains cas, un indicateur ne sera pas observé dans les 3 derniers jours, mais est toujours « présent » et actif de manière que cet indicateur a une importance pour les besoins en soins actuels du client. Quand les indicateurs sont combinés à d’autres items dans l’instrument, ils peuvent fournir des informations sur la gravité de la problématique du client.

Définition :

Le sentiment de souffrance psychique peut être exprimé directement par un client dépressif, anxieux ou triste. La souffrance psychique peut aussi être exprimée par le non verbal ou par le comportement en observant le client lors de ses activités quotidiennes.

  • a. Emet des expressions négatives - Par exemple, « rien ne compte, il vaudrait mieux être mort, je regrette d’avoir vécu si longtemps, laissez-moi mourir ».
  • b. Perpétuelle colère envers soi-même ou envers les autres - Par exemple, facilement dérangé, colère face aux soins reçus. Soyez attentif aux manifestations verbales de colère mais aussi à un comportement non verbal qui indique une colère permanente.
  • c. Expression (également non verbale) de craintes paraissant non fondées – Par exemple, peur d’être abandonné(e), d’être laissé(e) seul(e), d’être avec les autres, crainte intense d’objets ou de situations spécifiques.
  • d. Plaintes répétées concernant la santé – Par exemple, cherche de façon persistante un avis médical, concerné(e) de façon obsessionnelle par les fonctions corporelles.
  • e. Plaintes/inquiétudes anxieuses répétées (ne concernant pas la santé) – Par exemple, cherche constamment attention/réassurance concernant les horaires, les repas, la lessive, les vêtements, les relations avec autrui.
  • f. Visage exprimant tristesse, douleur ou inquiétude – Par exemple, front soucieux, constamment sombre.
  • g. Pleure facilement – La détresse peut aussi s’exprimer à travers de tels indicateurs non–verbaux.
  • h. Expressions récurrentes que quelque chose de terrible va arriver – Par exemple, croit qu’il/elle va mourir, avoir une crise cardiaque.
  • i. Retrait des activités intéressantes – Par exemple, perte d’intérêt pour des activités jusqu’ici appréciées ou à être avec sa famille/ses amis. Cet indicateur concerne une diminution significative de la participation aux activités ou des relations sociales anciennes.
  • j. Rapports sociaux réduits. Cet indicateur concerne un changement général dans les relations avec les autres et plus seulement avec la famille.
  • k. Expressions (y compris non verbales) de manque de plaisir dans la vie – Par exemple, « je ne prends plus plaisir à rien ». Cet indicateur mesure le manque de plaisir dans la vie (anhédonie), période pendant laquelle le client ne trouve plus de plaisir dans les activités ou les situations qui lui étaient normalement agréables.

Procédure :

Un sentiment d’affliction peut être exprimé directement par la personne qui est déprimée, anxieuse ou triste. La détresse peut aussi être exprimée à travers des indicateurs non verbaux. Engagez une conversation avec la personne, en ayant présentes à l’esprit, les déclarations antérieures de la personne ou les observations que vous avez faites.

Certaines personnes parlent davantage que d’autres de leurs sentiments; elles parleront de leur détresse spontanément. D’autres en parleront uniquement lorsqu’on leur demande directement comment elles se sentent. Quand la personne verbalise sa détresse ou rapporte la survenue de troubles du comportement ou de l’humeur (par exemple, pleurs), demandez lui depuis quand ils sont présents.

D’autres personnes seront incapables d’exprimer leurs sentiments (par exemple, ils ne peuvent trouver les mots pour décrire leur état ou ils sont dénués de capacités intellectuelles ou de clairvoyance). Observez soigneusement la personne pour chacun des signes lors de l’évaluation et lors de tout contact que vous pouvez avoir avec la personne durant la période de 3 jours couvrant l’évaluation.

Pensez aux différences culturelles dans l’expression de ces indicateurs. Les clients peuvent exprimer plus ou moins facilement leurs problèmes mentaux, leurs émotions et sentiments en fonction de leurs normes. Ne sous-estimez pas son interprétation des indicateurs en fonction de ses attentes par rapport à l’arrière-plan culturel du client. D’un autre côté il est important d’être particulièrement sensible à ces indicateurs chez des personnes qui de par leur culture sont plus stoïques dans leur manière de s’exprimer.

Consultez les membres de la famille qui ont une connaissance directe du comportement caractéristique et habituel de la personne et tout soignant travaillant au contact de la personne (par exemple, le soignant principal s’il est disponible). Il peut également y avoir des informations révélatrices dans le dossier du client, même si elles ne sont pas nécessairement détaillées. Dans les situations pour lesquelles il y a une différence entre ce que le client dit et ce que vous avez observé et/ou ce que d’autres ont raconté, utilisez le jugement clinique pour déterminer quelle est la meilleure réponse.

Codage :

En vous appuyant sur vos contacts et sur l’observation de la personne, codez la présence de chaque signe durant les 3 derniers jours, indépendamment de ce que vous pensez en être la cause. Rappelez-vous de coder à la fois la présence du signe et le nombre de jours où il s’est manifesté, sans tenir compte du nombre de fois où il s’est manifesté par jour. Utilisez le code suivant :

  • 0. Non présents
  • 1. Présents mais non observé durant les 3 derniers jours : utilisez ce code seulement si vous savez que le trouble est présent et actif mais n’a pas été observé durant les 3 derniers jours.
  • 2. Manifestés 1-2 jours durant les 3 derniers jours
  • 3. Manifestés quotidiennement les 3 derniers jours

Exemple :

  • Monsieur S. a été admis récemment. Il est bouleversé et fâché lorsque sa fille lui rend visite. La semaine passée, elle lui a rendu visite tous les jours. Il se plaint auprès d'elle et des prestataires de soins que c’est « elle qui l'a abandonné dans cette saleté ». Il l'a puni pour ne pas « avoir voulu le ramener à la maison », et il lui reproche d'être « une fille ingrate ». Après son départ, il regrette ce qu'il a dit, il a l'air triste, pleure et dit « À quoi ça sert. Je ne fais rien de bien. Si seulement j'étais mort en même temps que ma femme ». Codez “3” pour a. (Emet des expressions négatives), b. (Perpétuelle colère envers soi même ou envers les autres), f. (Visage exprimant tristesse, douleur ou inquiétude), g. (Pleurer facilement). Les autres items d'humeur doivent être encodez en “0”.

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BelRAI @2007

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